L’obligation d’audits énergétiques dans l’industrie va-t-elle à l’encontre des objectifs de la politique environnementale et énergétique du gouvernement ?

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Suite à la Loi du 16 juillet 2013 (DDADUE n°2013-619) puis le Décret du 4 décembre 2013 (n°2013-1121) transposant une directive européenne, « les grandes entreprises (plus de 250 salariés ou chiffre d’affaires annuel de plus de 50 millions d’euros ou total de bilan supérieur à 43 millions d’euros) devront réaliser un audit de leurs usages énergétiques »  avant le 5 décembre 2015. Ces audits devront être renouvelés tous les 4 ans.

Dans la pratique, cette nouvelle contrainte sur les industriels va-t-elle vraiment se traduire par une information de qualité et entraînera-t-elle des optimisations consécutives ?

Un « mauvais audit » peut freiner l’action au lieu de l’enclencher

Un audit énergétique n’a d’effet sur la consommation énergétique que s’il est suivi d’une série d’actions concrètes d’optimisation. Si les préconisations d’un audit trop superficiel lui paraissent peu fiables, un industriel ne se mobilisera pour mettre en œuvre les résultats d’un audit qu’il a fait sous contrainte. Si un audit trop rapide se limite à quelques recommandations standards mais peu motivantes (temps de retour sur investissement trop long,  gains trop faibles…), un industriel pourra conclure qu’il n’a y plus rien à optimiser dans l’énergie de son usine.

Ainsi, 9 ans après la création de l’obligation du DPE – Diagnostic de Performance Energétique – pour les ventes de logement, une guerre des prix entre les acteurs proposant ce service pour capter le volume de ce nouveau marché a standardisé les recommandations et sacrifié la qualité.

Ainsi, une fois le diagnostic rendu, même pour un bâtiment classé F ou G, le propriétaire se sent peu concerné par des préconisations faiblement personnalisées et considère souvent que l’obtention du DPE est une fin en soi.

Quelle est l’alternative ?

L’Europe et le gouvernement ne devraient-ils pas privilégier le soutien à ceux qui progressent au lieu de rajouter une nouvelle contrainte aux effets incertains?

Pourquoi ne pas concentrer les efforts publics sur le soutien à la formation des équipes ou le financement des investissements (deux des obstacles majeurs au progrès continu de l’efficacité énergétique dans l’industrie) ?

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