Chaque organisme public définit ses règles d’attribution des aides aux économies d’énergie dans l’industrie. Celle qui consiste à n’aider que les PME peut être assimilée à une aberration écologique car l’effet de leviers à aider les grandes entreprises est plus grand et les impacts sur la réduction des émissions de CO2 plus importants. Mais voilà que certains se donnent bonne conscience à disséminer l’argent public sur le nombre le plus important de petites entités.

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La règle d’aide exclusive des petites et moyennes entreprises est louable. Trop occupées à croître ou à survivre, les PME n’engageraient pas forcément d’actions de maîtrise de leurs consommations énergétiques sans une contribution financière de l’ADEME. Les temps de retour des investissements sans les aides seraient trop longs et dissuaderaient les PME. C’est vrai. Mais cette logique peut s’appliquer également aux grandes entreprises. Et même d’autant plus que certains investissements ne peuvent s’appliquer que sur des installations d’une taille critique minimum. C’est même le cas d’une grande partie des investissements notamment la plupart des systèmes de récupération de chaleur. Ces systèmes ne sont rentables que sur des quantités importantes d’énergie fatale.

Le résultat c’est qu’un plan d’action global incluant des actions avec investissements et d’autres sans investissements, à la fois sur des équipements de production et sur des utilités sera plus complet et plus lourd financièrement rapporté à leur CA pour les grandes entreprises que pour les PME. Elles ont beau être de grandes entreprises et les actions supplémentaires sont sûrement aussi rentables que celles des PME, leurs capacités de financement ne sont pas illimitées. Pour autant, les grandes entreprises qui s’engagent doivent faire des choix et étaler le déploiement de leurs plans d’action. L’argent public dont elles sont parfois privées leur permettrait d’accélérer la génération d’économies d’énergie et la réduction des émissions de CO2. Et ces réductions d’émissions de CO2 générées par les grandes entreprises sont autant bénéfiques pour la communauté que celles des PME voire d’autant plus qu’elles sont beaucoup plus conséquentes.

Il n’y rien de statistique mais sur la base des expériences que j’ai pu rencontrer dans mon activité de consultant en efficacité énergétique, je suis convaincu que le ratio de kWh économisé par Euro d’aide d’argent public dépensé va très largement en faveur des grandes entreprises.

En conclusion, je souhaiterais que nous ne soyons pas dogmatiques sur ce sujet. Dans l’intérêt général, j’aimerais qu’on ne discrimine pas les grandes entreprises sous le prétexte de l’idée reçue qu’elles seraient riches et qu’elles peuvent ainsi s’organiser sans le soutien de la communauté. Nous savons que les aides publiques sont limitées. Et si l’on craint que les aides aux grandes entreprises cannibalisent les aides aux PME, peut-être pourrait-on envisager une répartition par quota ? Toujours est-il que sur le sujet des économies d’énergie, toutes les bonnes volontés sont bonnes à prendre quel que soit la taille de l’entreprise.

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