cop21

Ça y est la COP 21 démarre!

Rappelons-le encore une fois, la COP21 a pour objectif de parvenir à un accord signé de chaque état mentionnant leur contribution à partir de 2020 pour tenter de contenir le réchauffement climatique à 2°C[1]. Cette COP est un événement important et pas seulement parce qu’elle se passe à Paris. Cet accord ferait suite au protocole de Kyoto (COP3) signé seulement par certains pays riches et dont les engagements prenaient fin en 2012. Ce serait également la première fois qu’un accord serait signé par quasiment tous les pays du monde. Enfin la mise en œuvre d’une politique globale permettant au climat de ne pas dépasser les 2°C à la fin du siècle ne doit être remise à plus tard sous peine de rendre cet objectif inatteignable. C’est donc un événement qui a la double mission de parvenir à être signé par 196 parties, malgré des intérêts différents voire opposés, tout en répondant à l’urgence climatique.

A l’issue de cette COP,  accord ou pas accord, objectif des 2°C atteint ou non, il faudra nous poser une question. L’avenir du climat, et donc de l’humanité, doit-il être laissé aux seules mains d’une minorité d’hommes politiques ? Si la COP21 devait servir à quelque chose, cela ne pourrait-il pas être la prise de conscience collective que le changement climatique nous concerne tous ?Que tous à notre échelle nous avons le devoir d’agir ? Avons-nous le droit de nous résigner au fait que les perturbations climatiques sont inéluctables ? Que si les hommes politiques, les états, les entreprises ne prennent pas les bonnes décisions nous n’y pouvons rien ? Nous votons pour nos hommes politiques, nous constituons les états, c’est encore nous qui faisons fonctionner nos entreprises et industries, nous qui chaque jour votons avec notre porte-monnaie lors d’actions aussi banales que déposer de l’argent à la banque, choisir notre alimentation  ou notre mode de transport. Si la COP21 pouvait permettre aux gens de se réapproprier l’espace public, de faire revivre l’agora des anciens grecs, d’avoir des convictions et de s’engager pour celles-ci, de ne plus être passif devant la vie de tous les jours mais de réinterroger nos comportements, souvent devenus reflexes, alors peut-être que chacun à son échelle, goutte après goutte[2], participerait à créer un mouvement général, plus fort que n’importe quelle politique, que n’importe quel état, que n’importe quelle entreprise et dont l’impact dépassera toutes les frontières. Si nous avons tous le devoir d’agir, n’oublions pas que nous avons surtout le pouvoir d’agir.

Je viens peut-être de développer une vision idéaliste ou utopique, mais j’ai été touché par des gens qui font vivre cette idée d’engagement. Changeons-nous même avant de demander aux autres de changer.Inspirons les gens par notre exemple. Ne nous résignons pas, agissons. La pluparts des solutions existent déjà. N’attendons pas que leur mise en place vienne d’en haut, faisons-le! Et la démocratie, si décriée ces derniers temps, pourrait reprendre tout son sens. Si la COP21 pouvait faire tout ça, on aurait résolu bien plus que le problème du changement climatique, on aurait retrouvé notre vivre ensemble.

 

[1] A ceux qui se poseraient la question de pourquoi 2°C et pas 1 ou 3, cette décision a été prise par la CCNUCC (Convention Cadre des Nations Unies sur les Changements Climatiques)et fait suite aux travaux du Giec qui estime qu’un réchauffement supérieur à 2°C risque de déclencher un emballement climatique qui ne pourrait être maîtrisé à court terme même en stoppant totalement nos émissions de gaz à effet de serre. (Sources : 1 et 2)

[2]Légende du colibri :Un jour, dit la légende, il y eut un immense incendie de forêt. Tous les animaux terrifiés et atterrés observaient, impuissants, le désastre. Seul le petit colibri s’active, allant chercher quelques gouttes d’eau dans son bec pour les jeter sur le feu. Au bout d’un moment, le tatou, agacé par ses agissements dérisoires, lui dit : « Colibri ! Tu n’es pas fou ? Tu crois que c’est avec ces gouttes d’eau que tu vas éteindre le feu ? » « Je le sais, répond le colibri, mais je fais ma part ».

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